Mille jours à Saigon
08/07/2027
Au début de l’histoire, le projet d’un roman graphique sur le Saigon (Hô Chi Minh-Ville) des années 1960. Marcelino Truong, dessinateur et peintre né d’un père vietnamien et d’une mère française, veut raconter les Mille jours à Saigon qu’il a passés, enfant, dans la capitale du Sud Vietnam. Son père était alors l’interprète du président autoritaire et proaméricain Diêm et la seconde guerre du Vietnam servait de terrain d’expression à la Guerre froide.
Marie-Christine Courtès le suit dans sa quête et l’observe recueillir un à un les témoignages de son entourage, d’anciens, proches du pouvoir, victimes, qui couvriront ses planches.
De cette guerre terrible et complexe, le dessinateur constitue un patchwork de sources et tisse ainsi la trame de ce qui fut un bout de son enfance.
MILLE JOURS À SAIGON
MILLE JOURS À SAIGON
de Marie-Christine Courtès (2012 - 53')
Attention, des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs.
Le peintre d’origine franco-vietnamienne Marcelino Truong entreprend la création d’un roman graphique pour raconter ses trois années d’enfance passées à Saigon au début des années 1960 et l’état du pays durant la seconde guerre du Vietman. Marie-Christine Courtès le suit dans ses recherches pour cerner cette guerre civile complexe et meurtrière, théâtre de la Guerre froide.
>>> un film produit par Jean-François LE CORRE, Vivement Lundi !
>>> Une si jolie petite guerre un roman graphique édité aux éditions Denoël Graphic
〝Mon premier séjour [au Vietnam] date du début des années quatre-vingt-dix, au moment où le pays commençait à s’ouvrir aux voyageurs, aux étrangers venus de l’Ouest. (…) C’était une expérience fascinante.〞
Histoires mêlées
Histoires mêlées
Marie-Christine Courtès raconte ce qui l’a amenée à suivre le peintre Marcelino Truong dans ses recherches.
Les dessins de Marcelino Truong sont de ceux qui attirent le regard. Des traits noirs vigoureux, assez larges, accompagnés d’un grand sens de la couleur. Marcelino Truong est dessinateur et peintre. Son univers oscille en permanence entre deux pôles : un côté sombre, puissant, parfois guerrier, qui contraste avec la douceur, la sensualité lumineuse de ses autres sujets de prédilection.
Je connaissais un peu Marcelino Truong par ses dessins de presse et ses albums. Mais je l’ai vraiment découvert grâce à une série de dessins sur le Vietnam. J’avais rarement vu représentation aussi sensible de ce pays. Ses dessins, sans être réalistes, ne cèdent ni à l’exotisme, ni à l’orientalisme. Son regard est bienveillant, souvent tendre. Les scènes qu’il choisit sont des scènes de la vie quotidienne, des moments d’intimité dans le secret des maisons. La moiteur de la ville est perceptible, aucun ventilateur ne vient rafraîchir l’air étouffant de ces intérieurs modestes. Sans prétendre connaître vraiment le Vietnam, j’y ai séjourné et travaillé à plusieurs reprises. Mon premier séjour date du début des années quatre-vingt-dix, au moment où le pays commençait à s’ouvrir aux voyageurs, aux étrangers venus de l’Ouest. Séjourner à Hanoi et à Ho Chi Minh Ville à cette période-là était une expérience fascinante. J’y suis retournée par la suite, retrouvant ceux qui étaient devenus mes amis et ce pays qui m’était de plus en plus cher.
Marcelino Truong est Eurasien, de père vietnamien et de mère française. Ses parents se sont mariés en pleine guerre d’Indochine. Il a grandi pendant la guerre contre les Américains, séjournant à Saigon aux débuts des années soixante, dans ces années cruciales où l’Amérique préparait son opinion publique à une guerre sans merci contre le communisme. Marcelino Truong n’a rien oublié de cette période de sa vie. Ces trois années à Saigon, en pleine guerre, lui ont laissé des souvenirs incroyablement précis à partir desquels, la cinquantaine venue, il a décidé de travailler pour proposer sa propre vision de la guerre du Vietnam sous la forme d’un roman graphique.
Ce projet de roman graphique de Marcelino Truong m’a paru particulièrement intéressant. Son point de vue, celui d’un Français dont le père, vietnamien, travaillait dans les plus hautes sphères du pouvoir au Sud Vietnam, est totalement inédit. Son approche est originale car il mélange les genres, mêler son expérience personnelle à des recherches historiques, jouer sur des associations de dessins, de textes et de documents d’époque. Ce documentaire a eu pour but de suivre l’élaboration de cette œuvre et d’en comprendre les enjeux, tout en mettant en relief la personnalité particulière de son auteur.
Marie-Christine Courtès
Marie-Christine Courtès
Marie-Christine Courtès a été journaliste au Vietnam, correspondante d’une agence de presse américaine au Cambodge. Elle est aujourd’hui scénariste de fiction et réalisatrice de films documentaires et d’animation. Son court métrage d’animation Sous tes doigts a été nommé aux César, shortlisté aux Oscars et primé dans plus d'une vingtaine de festivals dans le monde.
Marcelino Truong
Marcelino Truong
Peintre et illustrateur français, né en 1957 d’un père diplomate vietnamien et d’une mère française originaire de Saint-Malo, Marcelino Truong (Trương Lực) vit un pied en Occident et l’autre en Orient. Après une enfance aux quatre coins du monde et des études à Paris, dont il sort diplômé de Sciences po et agrégé d’anglais. À 25 ans, il se lance dans la création artistique. Pendant trente ans, Truong apprend le métier en autodidacte dans l’édition et la presse, puis il se lance dans la réalisation de trois œuvres de maturité, trois BD portant sur les conflits du Vietnam au 20e siècle. Une si jolie petite guerre - Saigon 1961-63 sort en 2012 et fait l’objet du film documentaire de Marie-Christine Courtès, Mille jours à Saigon. En 2015 sort Give Peace A Chance - Londres 1963-1975. Son dernier roman graphique, 40 hommes et 12 fusils- Indochine 1954 sort en 2022 chez Denoël Graphic.
Marcelino Truong raconte son parcours de vie, d’Asie en Bretagne, dans Si loin dans le bleu- De Saigon à Saint-Malo, sorti en 2024.
Un pays déchiré
Un pays déchiré
DICODOC 📝 (2018) >>> E COMME ENTRETIEN - Marie-Christine Courtès.
RADIO-CANADA INFO 🎬 (2025-4') >>> Les 50 ans de la chute de Saigon : retour en archives sur la guerre du Vietnam. Il y a 50 ans aujourd'hui, la guerre du Vietnam se terminait. (…) Malgré les célébrations qui ont eu lieu aux quatre coins du pays, impossible d’effacer les cicatrices d’une guerre dévastatrice. Plus de 3 millions de Vietnamiens et 58 000 soldats américains y ont péri. Notre journaliste Mathieu Prost revient en images d'archives sur le conflit.
ACADÉMIE DES CÉSAR 🎬 (2016-10’) >>> Sous tes doigts, nommé César 2016 du Meilleur Film d'animation, de Marie-Christine Courtès. Paroles de Nommés.
KUB 🎬 (2025-13') >>> Sous tes doigts, film de Marie-Christine Courtès. Après le décès de sa grand-mère, Émilie, une jeune métisse asiatique, revit l'histoire des femmes de sa famille, de l'Indochine coloniale à l'isolement d'un camp de transit



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